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  Torchage et rejet de gaz naturel - le gaspillage et la pollution dans le monde et principalement au Nigéria

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petit jean
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Date d'inscription : 24/12/2016

MessageSujet: Torchage et rejet de gaz naturel - le gaspillage et la pollution dans le monde et principalement au Nigéria   Ven 3 Mar - 15:09

Torchage et rejet de gaz naturel



Le torchage ou « brûlage des gaz » est l'action de brûler, par des torchères, des rejets de gaz naturel à différentes étapes de l'exploitation du pétrole et du gaz naturel. Les professionnels emploient fréquemment l'anglicisme flaring.

Cette pratique a un double effet négatif, d'une part sous forme du gaspillage d'une ressource naturelle précieuse, et d'autre part sous forme d'émission de dioxyde de carbone (CO2), principal gaz à effet de serre (GES). Alors que certains pays se sont dotés d'une législation interdisant cette pratique de longue date, d'autres ont pris du retard ; l'engagement des compagnies pétrolières à réduire cette pratique est très variable.



Les exploitants rejettent également du gaz naturel non brûlé (« rejet ») à l'air libre, délibérément ou non ; ce gaspillage supplémentaire aggrave les émissions de méthane, principal constituant du gaz naturel, dont le potentiel de réchauffement global est 23 fois plus élevé que celui du CO2.



Nous parlons ici d’énergie non renouvelable qui est gaspillée !

C'est 150 milliards de m³ de gaz naturel qui sont brûlés à la torche ou rejetés chaque année; cette valeur est équivalente à 30 % de la consommation annuelle européenne, ou 25 % de la consommation annuelle des États-Unis. Les seuls 40 milliards de m³ torchés en Afrique suffiraient à la moitié de la consommation d'énergie de ce continent. Le tableau ci-contre montre les principaux pays où se produisent ces pertes ; les différences entre les chiffres communiqués et les chiffres mesurés montrent que les pays ont bien conscience de l'ampleur du problème, en dehors des pays de la Communauté des États indépendants (CEI), qui le minorent fortement. Il s'agit essentiellement de gaz associé, c'est-à-dire de sous-produit fatal généré lors de la production du pétrole. D'autres cas menant au torchage peuvent être causés par des manipulations liées à la sécurité, à l'arrêt de certains équipements (compresseur de gaz), ou aux périodes exploratoires.


Ce problème ne date pas d’hier. Le flambage à la torche de gaz, un sous-produit de la production pétrolière responsable de l’émission dans l’atmosphère d’environ 400 millions de tonnes de gaz à effet de serre, se pratique depuis des dizaines d’années. Toutefois, de nouvelles images satellites financées par le Partenariat public-privé pour la réduction mondiale des gaz torchés (GGFR) de la Banque mondiale montrent que certains pays brûlent une plus grande quantité de gaz qu’ils ne veulent bien l’avouer.

Plus de 85% des gaz torchés sont produits dans des pays en développement.
Les 150 milliards de m3 ainsi brûlés chaque année représentent l'équivalent de 25% de la consommation de gaz des Etats-Unis et de 30% de celle de l'Union européenne. En Afrique, le volume des gaz torchés est estimé à 40 milliards de m3 par an, soit la moitié de la consommation d'énergie du continent.

Les pays membres du partenariat GGFR ont été relativement ’’plus efficaces que les non-membres dans la réduction de l’intensité de torchage du gaz, qui est le rapport entre le torchage et le volume de production de pétrole’’, ajoute la BM. Pour le directeur du département de l’énergie durable à la Banque mondiale, Vijay Iyer, le rapport ’’indique une tendance à la baisse du torchage’’, ajoutant que depuis 2005, le torchage du gaz a chuté de 22% grâce aux efforts des pays concernés, et à un soutien important fourni par le partenariat pour la réduction mondiale de gaz torchés.

Dans un rapport élaboré par la Banque Mondiale et les pays associés au projet de partenariat intitulé ’’Initiative mondiale de réduction des gaz torchés’’ (GGFR) dont l’Algérie est membre, cette institution précise que le volume des gaz torchés en Algérie est passé de 6,4 milliards de m3 en 2006 à 5,4 milliards de m3 en 2010. Ces estimations ont été élaborées à partir des données satellitaires recueillies par l’Agence océanique et atmosphérique américaine (NOAA).

Le torchage, qui consiste à brûler, par des torchères, des rejets de gaz naturel à différentes étapes de l’exploitation du pétrole et du gaz naturel, a un double effet négatif, d’une part sous forme du gaspillage d’une ressource naturelle précieuse, et d’autre part sous forme d’émission de dioxyde de carbone (CO2), principal gaz à effet de serre (GES). Le rapport souligne que les torchages du gaz sont passés mondialement à 134 milliards m3 en 2010, contre 162 milliards m3 en 2006, même si la production mondiale de pétrole brut a augmenté au cours de la même période.
En outre, il est constaté que bien que la Russie et le Nigeria aient procédé aux plus fortes réductions de torchage depuis 2006, ils restent cependant les deux plus gros pays ’’torcheurs’’ avec 35,2 milliards m3 pour la Russie et 15,2 milliards m3 pour le Nigeria sur l’année 2010, note la BM. Pour illustrer l’importance de cette procédure technique, le rapport indique qu’une réduction de 13 milliards de m3 équivaut à une baisse de la pollution de 30 millions de tonnes d’émissions de CO2, ou la suppression de la pollution induite par près de six millions de voitures.



Les scientifiques tirent fréquemment la sonnette d'alarme sur les dangers du dioxyde de carbone, gaz à effet de serre, responsable du réchauffement climatique. Ce réchauffement climatique qui pourrait faire monter le niveau des eaux et submerger les terres habitables.

"Le constat communément admis est qu'en 2100 le niveau de la mer aura monté de deux mètres. Chaque centimètre de plus se traduit par des vagues plus fortes, avec un effet potentiellement dévastateur sur la côte".



Le Nigeria perd chaque année 1,4 trillion de dollars américains du fait du brûlage de gaz, selon l’ONG internationale basée au Nigeria, Environmental Rights Action, dénonçant une pratique qui a cours dans le pays depuis 1958 et contre lequel le gouvernement semble impuissant, malgré les lois prises contre ce phénomène.


Le chargé de communication de cette ONG, Philip Jakpor, a déclaré mercredi au cours d’une rencontre avec les différents acteurs concernés à Abuja que le Nigeria brûlait du gaz depuis 1958, même si l’exploitation de son pétrole avait démarré en 1951.

Selon lui, le Nigeria est après la Russie, le plus grand brûleur de gaz au monde, précisant que cette pratique est la principale cause du désastre écologique dans le pays.

Jakpor a par ailleurs indiqué que ce torchage de gaz, le déversement de pétrole et de dépôt d’effluents de boue dans les fleuves du sud du pays contribuaient à la pollution et à la dégradation de l’atmosphère dans la région.



Plus directement, le torchage génère des fumées contenant des produits aussi toxiques que la dioxine et le benzène, affectant gravement la santé des populations vivant aux alentours. Il n’existe pas de statistiques précises, mais des exemples empiriques. Dans l’État de Bayelsa, qui compte 17 plates-formes onshore, la plupart situées à proximité des villages, de nombreux cas d’asthme, de bronchites chroniques et même de leucémies ainsi que de morts prématurées sont recensés. Et ce ne sont pas les seules conséquences : les habitants se plaignent des pluies acides qui rongent les toits en tôle ondulée et la peinture de leur maison, flétrissent la végétation et empoisonnent les lacs et les fleuves, traditionnellement sources d’eau potable pour le bétail.



C'est une catastrophe écologique majeure qui est passée sous silence. Sur les cinquante dernières années, la pollution pétrolière en continu qui affecte le Delta du Niger représenterait 2 à 3 fois le volume de pétrole déversé dans le golfe du Mexique après l'explosion de la plateforme Deepwater Horizon.


Un nouveau rapport de mission au Nigeria publié conjointement par un collectif international d’ONG et d’associations environnementales dont les Amis de la Terre France et Nigeria met en évidence le décalage entre le discours officiel de Total, Eni et Shell et les réalités constatées sur le terrain. Il révèle comment l’Union européenne garantit sa sécurité énergétique au détriment de communautés locales dont elle détruit l’environnement et les conditions de vie. Pour les associations, il est nécessaire de revoir la stratégie énergétique européenne trop dépendante des importations d’énergies fossiles et d’amorcer une véritable transition énergétique.

Le rapport intitulé La réalité derrière la sécurité énergétique de l’Union européenne examine les dégâts sociaux et environnementaux causés par les compagnies pétrolières européennes Total, Eni et Shell au Nigeria.

Il met en évidence les dommages considérables causés par les fuites d’oléoducs et par le torchage du gaz. La communauté Goi a ainsi été forcée d’abandonner ses terres agricoles à cause des importantes fuites de pétrole du géant pétrolier anglo-néerlandais Shell en 2004, 2008 et 2009.

Des documents internes révèlent que la multinationale italienne Eni qui avait connaissance depuis 2005 des effets néfastes et irréversibles du torchage du gaz sur la santé et l’environnement, a poursuivi cette pratique jusqu’à aujourd’hui comme a pu le constater la délégation sur place. Pourtant, le PDG d’ENI avait assuré aux actionnaires en mai 2011 que le torchage s’arrêterait définitivement en Juin 2011.

Les communautés affectées exigent que les compagnies pétrolières leur fournissent une compensation adéquate, dépolluent les terres et assainissent leur environnement. Comme l’a déclaré un habitant : « Nous voulons récupérer nos terres. Rien de bon n’a résulté de la prospection pétrolière. Le pétrole ne peut pas nous donner de nourriture. Nous souhaitons qu’il reste dans le sol. »

Une juridiction plus contraignante s’impose également : « Les entreprises européennes font des ravages dans le delta », affirme Godwin Oyo, directeur d’Environmental Rights Action (Les Amis de la Terre Nigeria). « Elles doivent être tenues responsables juridiquement par les gouvernements et la justice de leurs pays d’origine comme l’Italie, la France, le Royaume-Uni et les Pays-Bas. »

La multinationale française Total est quant à elle présente au Nigeria depuis 1962, et y extrait 10 % de sa production globale de pétrole. Ses relations avec les communautés locales ont souvent été conflictuelles. Total se félicite désormais sur son site internet d’avoir bâti des « relations cordiales » avec les communautés locales et notamment la communauté Egi.

Ainsi les témoignages recueillis sur place font état d’expulsions forcées de population en 2006, les privant de leurs moyens de subsistance, sans donner lieu à la moindre compensation. Par ailleurs, les relations de la multinationale avec la communauté Egi n’impliquent que de petites parties de celles-ci, notamment des personnes influentes, parfois proches du parti au pouvoir et poursuivant leur propres intérêts. Cette stratégie de la division mise en place par Total en favorisant certains groupes au détriment d’autres exacerbe les conflits au sein des communautés. En outre même les partenaires communautaires de l’entreprise sont insatisfaits. Ainsi en novembre 2010, une manifestation pacifique contre la non-application d’un protocole d’entente signé avec Total se solda par la mort de deux personnes et par plusieurs blessés.

La situation est dramatique qu’il s’agisse d’environnement ou de dialogue avec les populations impactées par les activités de Shell, Eni et Total.

Dans une série de telex dévoilés par le site Wikileaks il apparait qu'en 2009, la vice-présidente pour l’Afrique de la compagnie, Ann Pickard, se plaint de l’insécurité grandissante en mer, qui fait grimper les coûts d’extraction de pétrole dans le Delta du Niger. Mais, elle confie aussi, lors d’un entretien avec l’ambassadeur, avoir des discussions à tous les niveaux de l’Etat. Cela, notamment dans le but d’obtenir des modifications du projet de loi sur le secteur pétrolier. L’un des points qui embarrassent la compagnie serait l’interdiction, dès 2010, du torchage des gaz extrêmement polluants issus de l’extraction, qui pourrait coûter à Shell 4 milliards de dollars d’investissement. Fin 2010, le torchage est toujours pratiqué : une victoire du lobby pétrolier ?

Dans ses discussions avec la vice-présidente de Shell, l’ambassade s’intéresse par ailleurs de près à la présence chinoise. Ann Pickard, peu inquiète, indique que le groupe pétrolier a des informateurs dans la plupart des ministères. Elle raconte avoir récupéré une lettre envoyée à une compagnie pétrolière chinoise dans laquelle l’Etat nigérian explique que l’offre pour un permis d’exploration ne serait pas assez bonne.

De plus, la corruption tient une place importante dans la plupart des notes économiques. On y retrouve d’ailleurs le ministre nigérian de la Justice, Michael Aondoakaa, demandant à Shell un pot-de-vin de 20 millions de dollars pour signer un document : 2 millions immédiatement, 18 millions plus tard. Ann Pickard raconte, toujours en 2009, que les acheteurs de pétrole doivent systématiquement arroser le patron et le directeur général de la Nigerian National Petroleum Corporation, mais aussi la first lady d’alors, Turaï Yar’Adua, de millions de dollars pour chaque départ de cargo.

En cinquante ans, le volume de pétrole déversé dans le delta du Niger représenterait entre deux et trois fois la récente catastrophe américaine d'après le dernier bilan. Le calcul est certes imparfait : la marée noire du Golfe du Mexique n'est pas totalement terminée mais surtout, on manque d’évaluations précises dans le cas Nigérian - qui, lui aussi, perdure. Il faut dire que les sources de pollution sont nombreuses : vétusté des oléoducs et des plateformes de production, sabotages, accidents de tankers pétroliers ou encore dégazages sauvages... D'ailleurs, le chercheur du Pnue, dont le rapport sera publié en 2011, a affirmé à l'AFP que selon des « estimations officielles du gouvernement du Nigéria », 10 % des déversements de pétrole sont dus à des problèmes techniques.

En revanche, des groupes organisés peuvent acquérir la logistique nécessaire pour voler, transporter et revendre du brut sur le marché noir. Selon certains témoignages, on trouverait même des raffineries clandestines aux mains de voleurs organisés. L'expert onusien Mike Cowing affirme que 90 % du pétrole répandu dans l'Ogoni (sud du delta) « est le résultat d'activités criminelles ».

En 2006, une équipe formée par plusieurs ONG et le ministère nigérian de l'Environnement a tenté de faire les comptes. Leur rapport estime qu’une quantité de pétrole comprise entre 9 et 13 millions de barils a été déversé en cinquante ans.

Et la situation ne s'est pas améliorée depuis. D'après le ministre nigérian de l'Environnement, John Odey, qui s'exprimait devant les dirigeants des compagnies pétrolières implantée dans le pays mardi 27 juillet, plus de 3 000 fuites ont été enregistrées sur le territoire national depuis 2006.

Le delta du Niger est le poumon économique du Nigeria : il est densément peuplé, fertile et riche en ressources naturelles (eau, pétrole et gaz). Les compagnies pétrolières occidentales y sont actives depuis 1950. Mais leurs activités n’ont pas apporté à la région la prospérité escomptée, bien au contraire.

La majeure partie de la population vit dans la pauvreté et subsiste grâce à l’agriculture et à la pêche. Hormis l’exploitation pétrolière, aucune activité économique ne s’est vraiment développée, et la corruption sévit partout. Les conditions de vie des habitant·e·s du delta sont rendues plus difficiles encore par la pollution à large échelle engendrée par l’industrie pétrolière.

D’innombrables fuites de pétrole ont pollué les terres cultivables, les zones boisées, les sites de pêche et l’eau potable. Les réglementations environnementales ne sont pas respectées. Le torchage – procédé qui consiste à brûler, en pure perte, le gaz issu des forages– pollue l’atmosphère. Au Nigeria, les torchères émettent autant de gaz à effet de serre que 18 millions de voitures européennes. Cette pratique, illégale depuis 1984 mais toujours largement pratiquée, fait qu’à de nombreux endroits il ne fait jamais nuit noire.


C'est une catastrophe écologique majeure qui est passée sous silence. Sur les cinquante dernières années, la pollution pétrolière en continu qui affecte le Delta du Niger représenterait 2 à 3 fois le volume de pétrole déversé dans le golfe du Mexique après l'explosion de la plateforme Deepwater Horizon.

Forage après forage, fuite après fuite, baril après baril, le delta du Niger est souillé par le pétrole depuis un demi-siècle. D'après les spécialistes, cette catastrophe écologique, causée par un détonant mélange entre extrême richesse du sous-sol, manque de régulation étatique, grande pauvreté de la population et présence de groupes armés, n’a pas d’équivalent au monde dans les zones de production de pétrole.

Et pourtant, elle se déroule loin, bien loin des caméras. Alors que la fuite de pétrole provoquée par l'explosion d'une plateforme pétrolière dans le golfe du Mexique, aux États-Unis, est maîtrisée, on ne peut qu'être frappé par le peu d'attention suscité par la situation nigériane. Mike Cowing, responsable d'une étude réalisée par le Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue) à la demande du gouvernement nigérian, s'émeut en constatant que le pétrole « se répand dans l'estuaire depuis environ dix ans sans que l'on s'en préoccupe ». Alors que selon Nicolas de Roten, de Greenpeace Suisse, cette marée noire est « pire » pour l'environnement que la « pollution dans le golfe du Mexique » qui, elle, est « one shot » (en un coup, NDRL).

Entre 9 et 13 millions de barils

En cinquante ans, le volume de pétrole déversé dans le delta du Niger représenterait entre deux et trois fois la récente catastrophe américaine d'après le dernier bilan. Le calcul est certes imparfait : la marée noire du Golfe du Mexique n'est pas totalement terminée mais surtout, on manque d’évaluations précises dans le cas Nigérian - qui, lui aussi, perdure. Il faut dire que les sources de pollution sont nombreuses : vétusté des oléoducs et des plateformes de production, sabotages, accidents de tankers pétroliers ou encore dégazages sauvages... D'ailleurs, le chercheur du Pnue, dont le rapport sera publié en 2011, a affirmé à l'AFP que selon des « estimations officielles du gouvernement du Nigéria », 10 % des déversements de pétrole sont dus à des problèmes techniques.

En revanche, des groupes organisés peuvent acquérir la logistique nécessaire pour voler, transporter et revendre du brut sur le marché noir. Selon certains témoignages, on trouverait même des raffineries clandestines aux mains de voleurs organisés. L'expert onusien Mike Cowing affirme que 90 % du pétrole répandu dans l'Ogoni (sud du delta) « est le résultat d'activités criminelles ».

En 2006, une équipe formée par plusieurs ONG et le ministère nigérian de l'Environnement a tenté de faire les comptes. Leur rapport estime qu’une quantité de pétrole comprise entre 9 et 13 millions de barils a été déversé en cinquante ans.

Et la situation ne s'est pas améliorée depuis. D'après le ministre nigérian de l'Environnement, John Odey, qui s'exprimait devant les dirigeants des compagnies pétrolières implantée dans le pays mardi 27 juillet, plus de 3 000 fuites ont été enregistrées sur le territoire national depuis 2006.

Nappe de pétrole ayant fui dans le delta du Niger, au niveau du village de Bodo, le 24 juin 2010.
© AFP

Goutte de pétrole dans un océan de brut

Pourquoi les compagnies pétrolières (le plus important consortium est composée de la compagnie nationale nigériane, la NNPC, le néerlando-britannique Shell, l’italien ENI et le français Total) n’interviennent-elles pas d’avantage pour éviter de telles pertes ? La réponse est avant tout économique. Car si impressionnantes soient-elles, ces fuites ne constituent qu’une goutte dans un véritable océan d'or noir.

Quand la production est à plein régime, le Nigeria produit entre jusqu'à 3 millions de barils par jour. Selon Tamas Varga, analyste chez le courtier britannique PVM, le pays n'a produit en juillet que 2, 28 millions de barils par jour, d'où la perte majeure de « 53 millions de dollars par jour ».

Selon l’ONG Amnesty international, qui a publié un rapport très détaillé sur la question en juin 2009 , cette pollution qui provoque pauvreté et remise en cause de droits fondamentaux, entraine la population dans un cercle vicieux, dans lequel les groupes rebelles prospèrent.



Isolés, les habitants de la région ne peuvent pas ne se saisir du brut qui leur coule littéralement sous le nez. Certains tentent de détourner le contenu des oléoducs pour récupérer quelques barils car « les habitants savent que quelque chose de précieux passe dans leur environnement », détaille Francis Perrin, directeur de la rédaction de Pétrole et Gaz Arabes et vice-président d’Amnesty France. « Mais pour ceux qui tentent quand même de faire un trou, assure-t-il, les conséquences sont toujours dramatiques. »



Le pétrole récupéré dans les oléoducs, en plus d'alimenter à petites doses le marché local, est surtout acheminé par des camions citernes en dehors du Nigeria pour y être vendu.

L’activité de Shell et des autres compagnies ont largement détruit les terres cultivables, moyen de subsistance essentiel de la population locale. Les populations doivent utiliser de l'eau polluée pour boire, cuisiner et se laver. Ils mangent du poisson contaminé par les hydrocarbures et d'autres toxines. Quand chaque année des centaines de fuites de pétrole et le torchage polluent l'air, la population respire du poison. Les gens se plaignent de problèmes respiratoires et de lésions sur la peau.

Par l’exploitation abusive de la nature, Shell porte une coresponsabilité dans les conflits au Nigeria. Des défenseurs des droits humains sont toujours l’objet d’attaques violentes. Il y a 14 ans, l’écrivain nigérian Ken Saro-Wiwa et huit autres militants ogonis ont été exécutés, à l’issue d’un procès inéquitable, parce qu’ils s’étaient mobilisés contre les pratiques de Shell.

Plus près de chez nous, l'exploitation pétrolière s'installe en Méditerranée :

Plus de soixante plates-formes fonctionnent déjà et de nombreux forages sont en cours.



Les experts sont formels: les forages pétroliers vont se multiplier dans les années qui viennent en Méditerranée. «Essentiellement dans la partie orientale», précise Lucien Montadert, consultant en géologie pétrolière. Mais pas seulement.

Ces projets offshore seraient peut-être passés totalement inaperçus s'il n'y avait eu l'accident dramatique dans le golfe du Mexique le 20 avril 2010 de la plate-forme «Deepwater Horizon» qui a provoqué la mort de 11 personnes et laissé échapper pendant plus de trois mois près de 4 millions de baril de brut. Cet accident est d'ailleurs loin d'être un cas isolé. «Depuis une trentaine d'années on a recensé dix incidents majeurs dont la moitié a donné lieu à des marées noires», rappelle le sénateur Roland Courteau qui a présenté mercredi un rapport de l'OPECST (office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et techniques) sur la pollution en Méditerranée.

Ces nombreux projets inquiètent quant aux risques de pollution de la mer Méditerranée, déjà durement touchée par les actions de l'homme. Le sénateur de l'Aude, auteur d'un rapport sur les solutions à envisager pour stopper la destruction de la Méditerranée, se dit préoccupé par la situation: "La gravité potentielle des incidents de plates-formes est liée aux faiblesses actuelles de l'encadrement juridique de leur exploitation." Malheureusement, la prolifération des plateformes offshore est l'affaire des pays côtiers, pour qui, pour la plupart d'entre eux, "les préoccupations de sûreté environnementale ne sont pas dominantes".



De plus de nombreux navires passent par cette mer semi-fermée. Ces bateaux peuvent contenir près de 20 000 tonnes à chaque passage. L'un d'entre eux qui viendrait à couler et ce serait une catastrophe de grande ampleur pour l'environnement. Déjà, l'un des facteurs de destruction de la zone maritime est le nettoyage des cuves par ces navires. Entre 100 000 et 250 000 litres de pétrole sont déversés chaque année dans les océans du monde. Une manœuvre évidemment interdite mais incontrôlable par les autorités.

Les autorités redoutent une pollution majeure suite à cette intensification de l'exploitation pétrolière mais il sera impossible de réduire cette course à la production.
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